17 | 2022

Temps vécus, temps racontés. Les hétérochronies du roman réaliste au XIXe siècle

Marie-Astrid Charlier et Véronique Samson

Au cours de la première moitié du XIXe siècle, alors que s’installe la périodicité médiatique, le roman se tourne vers l’actualité. Tout au long du siècle, dans une société se transformant à un rythme accéléré et faisant pour la première fois aussi fortement l’épreuve de son historicité, les romanciers reprennent l’impératif de se faire « historiens du présent ». Or cette « conquête du présent » par le roman n’a pas seulement impliqué pour les œuvres des contenus neufs, mais aussi des mises en forme inédites du temps, que ce dossier voudrait prendre pour objet. Plus exactement, les œuvres tentent de donner forme au temps vécu, à un présent fuyant, insaisissable, dont la continuité avec le passé et le futur ne va plus de soi : elles cherchent à définir ce présent et à le délimiter, à le structurer, à l’organiser, à le mesurer. Les contributions réunies dans ce numéro rendent compte de la pluralité des expériences temporelles au XIXe siècle et s’interrogent sur la manière dont le régime réaliste de la représentation a travaillé (dans) les plis problématiques du temps.